Le fendant des Coteaux d’Evian

In Histoire by Le caviste

Le respect de la nature pour les douceurs minérales du fendant vermeil

Aujourd’hui encore, préservant la tradition, certains vignerons locaux ont continué à entretenir l’originalité des vignes en hauteur.
Grâce à quelques vignerons locaux, on peut encore admirer, par delà les vignes dressées sur les crosses de châtaigniers, le bleu du Léman, ses murs de nuages blancs et la Suisse si proche, en dégustant ce vin de la gaité lucide aux reflets vermeils.

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La vigne en hauteur est une conduite ancienne des sarments. Cette pratique résulte d’un souci de respect de la nature conjugué à une recherche de qualité et de productivité. Malgré un ensoleillement idéal pour du raisin sur les coteaux d’Evian, l’exposition à la rudesse climatique, parfois avec des printemps peu cléments et des fins de saison quelques peu agressives, ont fait adopter cette conduite originale de la vigne sur bois de châtaignier.

Pourquoi le châtaignier ? Parce qu’il contient un tanin qui le rend imputrescible. Il est à la fois dur et souple, ce qui permet de lui faire supporter les sarments et les grappes. De plus, il possède des propriétés astringentes qui ne peuvent que renforcer les bienfaits naturels du fendant des coteaux d’Evian.

On raconte que les vignes basses auraient été taxées et pas les vignes en hauteur. Si c’était le cas, ça tombait bien pour les conditions de production locale.

En tout cas, la production de la vigne en crosse correspond initialement à une recherche écologique. Les propriétés astringentes du châtaignier et les douceurs minérales du chasselas sur les coteaux d’Evian se trouvent ainsi subtilement combinées. Simultanément, la production est protégée des intempéries.

Avec le phylloxera et la première guerre, les vignobles évianais ont beaucoup souffert. Il a fallu beaucoup de temps pour trouver un nouvel élan et retrouver l’art d’une vinification à la hauteur de l’ancienne réputation.

Une pratique millénaire

Des mosaïques romaines présentent des scènes de cueillette de raisins en hauteur. Avant, les Grecs avaient également cette pratique.

 Un univers de mythes et de légendes

Aujourd’hui encore, des treilles perpétuent les raisins en hauteur. Elles courent le long des murs de certaines maisons et parfois on trouve des palissages sur lesquels retombent discrètement des grappes de noah.

Pour se moquer des boudeurs, on peut se souvenir que Jean de la Fontaine a mis en scène un renard affamé qui convoitait quelques raisins vermeils. Ne les voyait-il pas trop verts ?

Ce raisin, cause du désappointement du plus rusé d’entre tous, objet d’une telle envie, ne peut-être que du chasselas.

La vigne du fendant en crosse et en hauteur

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