Le vin d’Evian : Histoire et légendes

Sur la viticulture et la vinification du canton d'Évian (Haute-Savoie) Jules Guyot 1868

Extrait du rapport officiel de 1868 « Sur la viticulture et la vinification du canton d’Évian (Haute-Savoie) » du docteur Jules Guyot

Quelques vignerons ont maintenu la tradition viticole des coteaux d’Evian. Pendant quasiment plusieurs décennies, une forte pression silencieuse a consisté à faire reculer les vignes très répandues jusqu’au début du XX° siècle sur l’ensemble des coteaux d’Evian. Il s’en est fallu de peu que le souvenir de ce trésor local soit effacé.

De multiples facteurs ont concouru a la régression des vignobles sur les coteaux, alors même qu’ils étaient les bases d’une richesse économique sans pareille dans le Chablais, comme le racontait Jules Guyot en 1868, dans son rapport au ministre de l’agriculture de l’époque. Le premier facteur a certainement été dans l’expansion de la société des eaux. La quête d’identité de la société de production d’eau la plus réputée au monde, a bousculé la tradition locale pour se hisser au plus haut de la renommée. Elle y est parvenue. Ce succès méritoire a cependant eu pour conséquence l’arrachage des vignes et la quasi disparition de l’un des meilleurs vin blancs au monde.

A l’action de nature qui a impacté sur l’ensemble de la vie locale et touritique, s’est ajouté les conséquences de la production massive, contraire à une garantie de qualité des sols pour la pureté de l’eau d’Evian, puis l’envolée du prix du terrain, le développement des professions de service, la quête d’une moins forte pénibilité physique. Depuis le début du XXI° siècle, les travaux ont été réalisés pour réhabiliter le vin des coteaux d’Evian, si longtemps apprécié et qui mérite de revenir à sa place parmi les plaisirs terrestres.

Vendange ou cueillette de raisin, étude pour les jardinières de la villa du baron Vitta à Evian, dessin au lavis d'Auguste Rodin, fin XIXe, début XXe siècle, musée Rodin

Vendange ou cueillette de raisin, étude pour les jardinières de la villa du baron Vitta à Evian, dessin au lavis d’Auguste Rodin, fin XIXe, début XXe siècle, musée Rodin

Aujourd’hui, le vin est issu d’une agriculture rattachée à la nature. Il peut offrir la plus belle robe naturelle. Il dégage des arômes délicats, dont la subtilité est celle qui ravissait nos ancêtres les plus gourmets.