Aux origines d’Évian, du vin et de l’eau

In Fables by Le caviste


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Entre mythes, légendes et réalités

2016-09-05-21-42-29Il est de tradition de raconter jusqu’au plus haut des pays d’Europe que le héros Héraclès serait parti de l’ancienne Phénicie (Liban), et serait allé jusqu’au sud de l’Ibérie (Espagne). Il aurait transmis à chaque fois de nouvelles connaissances et de nouvelles pratiques. Il aurait transporté aussi un troupeau de bovins ibériques au moins jusque dans le pays Charolais, puis il serait redescendu par les Alpes. Le célèbre civilisateur méditerranéen serait allé au moins jusqu’en Bourgogne. Lors de ce périple, Héraclès laisse quelques spécimens de son bétail devenus les charolais et des ceps de chasselas. Pour quelques temps marqués par l’amour, il s’installe dans une cité qui prendra pour nom Alésia. Il aurait eu un enfant, Celtos, l’ancêtre des Celtes.

Sur le chemin du retour pour la Grèce, il n’a pas d’autre chemin que celui de conduire son immense troupeau s’abreuver dans le Léman.

Aux origines d'”Evian”, du vin et de l’eau

Arrivé dans le Valais puis, ayant effectué la traversée du Léman, le héros de légende passe par la cité en contrebas, pour faire connaître le même cépage qu’il a fait pousser tout au long de sa route : ici comme de l’autre côté du Léman, le raisin peut-être venu de la lointaine Phénicie est appelé le fendant, parce que s’il craque sous la pression des doigts, il ne gicle pas.

C’est de l’art civilisateur du célèbre héros, détenteur des secrets de la vinification de Dionysos, le dieu du vin (Bacchus pour les Romains), avec l’idée de la culture en crosse pour rapprocher les raisins du soleil, éviter la fatigue aux cueilleurs et peut-être aussi protéger un peu les grappes de quelques intempéries.

C’est probablement de l’un de ses célèbres coups de massue que jaillit la source qui traversera le jardin de la famille Cachat.

Pour ce qui est des Coteaux d’Evian, c’est en partie de l’eau de là que provient la qualité de la viticulture.

Toute une histoire. On se souvient que la production de vin a été délaissée, en raison du phylloxera qui a commencé à infester les vignes de Savoie en 1877, et à peine remis de cette crise de trente ans,  de la guerre qui a décimé les vignerons en 1914-1918, au bénéfice de la renommée de l’eau qui, pourtant, a toujours abreuvé les racines des vignes qui méritent désormais de redevenir célèbres.

A l’époque des veillées au feu de bois, on racontait encore des contes et légendes. On disait que les Romains avaient conservé de l’aventure du héros Grec Héraclès, que la bourgade d’Evian se situait en dehors de la route tracée, soit en latin « extra viam » (cf. Alfred de Bougy). Par déformation, le nom toponymique est devenu un diminutif et la cité construite en bas des coteaux a été appelée « Evian ». Evian, pour la cité en dehors de la voie, ce qui peut encore se vérifier, puisque l’antique voie romaine passe par les hauteurs de Neuvecelle…

Mais dans les discrètes carnozets, on rappelle que le mot qui se rapproche le plus d’Evian, c’est celui, certes récent mais néanmoins très explicite, de « convivialité ».

Evian, la cité mythique en dehors des sentiers battus

La petite cité est restée longtemps enclavée, même si elle est devenue mondialement connue. Evian, la ville en dehors de la voie, garde une originalité. Elle se démarque toujours un peu des autres. Elle montre un exemple souvent hors des sentiers battus, comme on a pu le voir encore au XX° siècle avec la conférence d’Evian (1938) et les accords d’Evian (1962) …

Une vidéo raconte une autre histoire, qui ramène à Evian et au Valais l’origine du fendant. L’histoire mérite d’être contée.

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